Dimanche 24 juillet 7 24 /07 /Juil 13:35

Le langage de la vie de tous les jours pourrait bien souvent être décrit par le mot anglais plain (traduisez : quelconque). À mes heures perdues, il m'est arrivé de jouer aux alexandrins avec ma tendre moitié.  Nous avions juste visionné l'épisode de la série Kaamelott, intitulé Le Jour d'Alexandre. Dans cet épisode, le roi avait ordonné, en l'anniversaire du célèbre conquérant macédonien, que chacun s'exprimât en vers de douze pieds.

 

Pourquoi, me suis-je dit, ne pas se livrer au délicieux exercice de l'alexandrin pour situations communes et banales ? Je vous en livre ici quelques-uns, classés par situations potentielles. Bien à vous.

 

Revoir un ami / demander des nouvelles

 

Je suis mon cher ami – heureux de vous revoir.

(Je suis mon cher ami – heureux de te revoir.)

 

Le désir m'est venu – d'avoir de vos nouvelles

(Le désir m'est venu – d'avoir de tes nouvelles)

Et grâce au gsm – preste, je vous appelle.

(Et grâce au gsm – prestement je t'appelle)

 

Qu'advient-il, mon ami – de votre vie si chère ?

(Qu'advient-il, mon ami – de ta vie si chère ?)

Comment va aujourd'hui – mon ami qui m'est cher ?

 

On fait aller, mon cher – la vie ainsi s'écoule

Mais vous, dites-moi donc – ce qui hui vous chamboule ?

(Mais toi, raconte donc – ce qui hui te chamboule.)

 

N'en faites rien, vraiment – c'était là mon plaisir.

(Oh, n'en fais rien, vraiment – c'était là mon plaisir.)

Que ne ferais-je pas – pour pouvoir vous servir ?

(Que ne ferais-je pas – pour pouvoir te servir ?)

 

Enfin te rencontrer – me remplit de bonheur

Un ami tel que toi – aurait de la valeur.

 

Draguer et repousser les prétendants

 

Votre plaisir constant – à contester m'agace

Rentrez chez vous, brigand – avant que je me lasse !

(Ton plaisir irritant – à contester m'agace

Rentre chez toi, brigand – ou crains que je me lasse !)

 

Nous allons bien trop vite – prenons d'abord le temps

De nous connaitre un peu – avant les sentiments.

 

Je ne peux pas le dire, – pourtant c'est évident

Mon cœur est au rire / veut sourire – car vous êtes charmant

 

Allez en paix, sachez – que je ne vous hais point

Essayez de trouver – le sens de ces mots fins.

 

Santé

 

Le stress vous tuera – il faut vous relaxer ;

(Le stress te tuera – il faut te relaxer ;)

Pensez un peu à moi – allez vous reposer.

(Hé, pense un peu à moi – et va te reposer.)

 

C'est bon pour cette fois – mais n'y revenez plus

Je n'hésiterais pas – à réclamer mon dû.

 

Comment va votre mère – qui souffrait cet été ?

Je serais rassuré – de la savoir sur pied.

 

Bonnes nouvelles

 

Fort bonne est ma nouvelle: – j'ai été augmenté

Le chef fut généreux – et m'a récompensé !

 

Ainsi tu te maries ? – Ma foi c'est émouvant !

Garde-le bien, chérie – ce mari élégant !

 

Invitations, propositions, et comment les décliner

 

Vous proposez du vin ? – Parbleu c'est intrigant !

Par téléphone, enfin ! – Pas très intéressant !

 

Vous m'en voyez navré – mais moi je vous annonce

Que je vais raccrocher – sans regrets, pas une once.

 

Être invité par toi – est toujours un plaisir

Et tout joyeux, ma foi – j'accède à ton désir

 

Vous m'avez demandé – de jouer à votre fête ;

Je ne puis, désolé, – accepter la requête.

 

À l'école et hors de l'école

 

Ouvrez votre livre / dico – à l'endroit indiqué,

Et trouvez-moi ce mot, – ce n'est pas compliqué !

 

Je sortirai des cours – à seize heures pétantes ;

Je reste dans la cour: – abrège mon attente.


Dialogues bibitifs

 

Ami, prends donc un verre – de ce que tu voudras ;

Et mon offre est sincère – l'addition est pour moi.

 

Les amours, buvons donc ! – à notre longue vie !

En ce jour nous trinquons – comme il sied aux amis !

 

Ah, ça, non ! C'est trop fort ! – Comme vous y allez !

Je dois vous donner tort – car c'est exagéré.

 

Sers-moi un gobelet, – je l'ai bien mérité.

Mon vieux, si tu savais – ce que fut ma journée !

 

Faire ses courses

 

Je voudrais un pain blanc, – et un bon pain au lait,

Carré évidemment, – et coupé s'il vous plait.

 

Voilà qui est pesé – deux kilos cinq cents grammes ;

Dix euros s'il vous plait. – Et comment va madame ?

 

J'ai une faim de loup – et mon ventre gargouille.

Je mangerais de tout; – pâtés, viandes ou citrouilles.

 

Au téléphone


C'est un faux numéro, – vous vous êtes égaré

N'en rougissez pas trop, cela peut arriver.

 

Dis que je suis ailleurs ; – je ne parle à personne.

Dis que tout à l'heure, – si je peux, je resonne.

 

A-t-on des rendez-vous – prévus dans la semaine ?

Vers quels projets, dis nous, – faut-il que l'on se mène ?

 

Intimité de literie

 

Comment te demander – le droit de découcher

Quand ta confiance en moi – est à jamais gâchée ?

 

Consens à me laisser – m'endormir avec toi.

Et puis alors, qui sait, – la tendresse naitra.

 

L'autre soir fut si beau – et je veux déclarer

Que, d'après moi, bientôt, – il faut recommencer.

 

Qui est cette fille – avec qui je t'ai vu ?

Je vois, tes yeux brillent: – serais-je donc cocue ?

 

Dans le train

 

Un ticket pour Liège – je vous prie, cher monsieur.

N'importe quel siège, – classe numéro deux.

 

Puis-je avoir un Go-Pass – J'ai moins de vingt-six ans.

Oui, mais je n'ai, hélas, – aucun abonnement.

 

Conseils d'une mère à ses enfants

 

Éteignez la télé – il y a trop de bruit.

Allez plutôt jouer – dans le jardin joli.

 

C'est l'heure du gouter – mais d'abord frottez bien.

Pas question d'y toucher – sans vous laver les mains.

 

Divers

 

Ferme un peu la porte: – on n'est pas à l'église.

Je trouve un peu forte – cette soudaine brise.

 

On n'est vraiment levé – le matin au bureau,

Qu'après un bon café – qui nous met au boulot.

 

Non, pas de ça ici: – ce n'est pas un hôtel !

L'amour est interdit, – soyez discrets, bordel!

 

Nos amis les fumeurs – devront se réprimer

Le tabac, pour l'heure – est ici prohibé.

Excusez ce diktat – mais comprenez aussi

Que si fumer c'est bath – tous ne l'ont pas choisi. (Au café)

 

Car tout bon spectateur – veut fuir les tristes ondes,

Portable agitateur – s'éteint à la seconde. (Au cinéma et au théâtre) 

 

Aïe, zut, nom d'un chien ! – Je viens de me couper !

Mon doigt saigne, enfin ! – Il me le faut panser !

Par Algor Vitae - Publié dans : Le monde fascinant de la langue française
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