Kaamelott : Livre VI vu, aimé, revu et commenté (introduction)

Kaamelott : Livre VI vu, aimé, revu et commenté


Hormis le succès commercial de la série — qu'il est inutile de rappeler et qui n'est pas ici notre affaire — nous lui reconnaissons le mérite d'avoir amené l'intérêt d'une certaine tranche du public vers ce qu'on a coutume d'appeler sinistrement « l'Âge sombre », ou avec davantage de poésie « Âge arthurien ».


Le public francophone a pu, au contact de Kaamelott, apprendre que l'existence d'Arthur, si elle s'avère un jour, doit être pensée au ve siècle, et non dans cet univers d'armure de plates popularisé par le cinéma et la littérature.


Nous l'avouons ouvertement : pour cela et pour des raisons artistiques, nous aimons le monde sorti de l'imagination d'Alexandre Astier, et tout particulièrement sa dernière saison, le Livre VI. Nous y portons un regard admiratif, non « fanatique ».


Cependant, nous avons choisi d'écrire ce que d'aucuns appelleraient une critique, mais que nous appelons à la manière de César un « commentaire ». Pourquoi ? Nous aurions tendance à répondre à cette question par une pirouette, en citant le roi Loth en la personne de François Rollin : « Oui, alors, pourquoi, pourquoi trahir sans arrêt les gens avec qui je collabore ? Je dirais que c'est une réponse compulsive à une peur de m'attacher, briser une relation plutôt que de la cultiver pour ne pas se retrouver démuni face au bonheur ! Oui pour répondre à votre question : j'ai peur d'aimer ! »1

 

Plus sérieusement, et au risque d'énoncer un poncif délavé, nous répondrons qu'on ne châtie bien que ceux que l'on aime. Comprenez par là que le but de l'exercice n'est pas de détruire. Il ne s'agit pas de critique ars gratia artis ;nous voulons une analyse permettant de cerner la part du juste et du moins juste dans une production francophone majeure relativement influente sur la vision du haut Moyen Âge briton dans l'imaginaire populaire moderne. Nous verrons d'ailleurs, largement entremêlées, des allusions historiques fines et des incohérences.


Nous ne considérons pas, à ce titre, notre dossier comme une offense ou un « crime de lèse-majesté » — d'aucuns ont envisagé d'appeler ainsi le concept, mais de quelle majesté parlent-ils ? — à l'œuvre, mais comme un hommage à portée pédagogique. Nous avons « peur d'aimer » si cet amour est une admiration malsaine, addictive et qui ne suscite ni travail ni création.


Aussi, si au hasard de la toile2 M. Astier devait un jour lire ces quelques lignes, nous osons espérer qu'il saura voir dans ce dossier la marque de notre intérêt poli, mêlée à des lubies d'éternel aspirant historien.


1François Rollin, Kaamelott, Livre VI, Praeceptores, écrit par Alexandre Astier.

2Nous n'y mettront point de majuscule, l'internet n'étant pas, à notre connaissance, un dieu.

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